Radiodurans

couverture de l'album Radiodurans
18 octobre 2019
Von Pariahs
Mus'Azik
Producer: Eric Pasquereau
Number of discs: 1

“Groupe « sous le radar  » dans les petits papiers des professionnels depuis un premier passage aux Eurockéennes en 2013, les nantais de Von Pariahs ont connu avec leur deux premiers albums Hidden Tensions (2013, Yotanka) et Genuine Feelings (2016, Yotanka) des succès d’estime, leur permettant de se constituer une première fanbase. Il se pourrait bien que Radiodurans sorti ces jours-ci chez Mus’Azik change la donne. Tout simplement car la bande des six débarque avec un style que l’on dit proche des Canadiens de Suuns (au succès confidentiel ici) mais qui apparaît tout à fait original et novateur dans le paysage rock en France.

 

Au culot, assumant avec panache le rôle de défricheur, le groupe de rock garage aux compositions rugueuses et sombres a ajouté à sa palette un talent certain pour la déconstruction. Un travail basé sur la répétitivité, la dissonance, la richesse rythmique, l’incarnation vocale. Sans oublier une dose de groove à la fois surprenante et addictive dans ce mélange.

 

Une musique qui fait bloc, où chacun met en avant ses propres qualités, la section rythmique par le groove, les guitares par le tranchant et les dissonances, la voix par l’interprétation empreinte de folie. Von Pariahs a crée une entité qui les rend uniques. Le son élaboré par Eric Pasquereau participe de cette sensation. A la fois beaucoup de travail et peu d’artifice, un son naturel pour la batterie, très rugueux pour les guitares, modérément grave pour la basse et une voix qui sonne si proche de nos oreilles.

 

Leur premier single n’avait pas été choisi au hasard, écouter Suffocate une fois, dix fois et se passionner pour cette musique grondante, bourdonnante, angoissante s’avère le meilleur moyen d’entrer dans leur univers pour ensuite en apprécier les méandres.

 

Radiodurans, après un départ trompeur de quelques secondes évoquant une forme de post-rock, impose alors son esthétique sombre sans froideur. Le rythme est obsédant, la basse martèle ses croches et le premières dissonances ne tardent pas à se montrer. The Bigger Picture donne ainsi le ton.

 

Von Pariahs innove sans élitisme, le groupe a vocation à plaire à tous les fans de rock qui n’ont pas froid aux yeux. Et évite l’enfermement dans sa propre créativité. Des titres comme « Drinks » ou The West nous ramènent vers des sonorités plus conventionnelles et nous permettent de contrebalancer la rage brute et disharmonique de Nothing Something, d’Inhale/Exhale ou encore de No Legs dont le chant de Sam Sprent a des accents rappelant de manière surprenante les intonations de Bono.

 

Visuellement, les Nantais créent une atmosphère angoissante avec ce très beau noir et blanc signé Bruce Gonzales. La lumière aveuglante en légère contreplongée sur les six hommes aux postures mécaniques et tous vêtus de combinaisons blanches donne à l’image l’esthétique d’un film de science-fiction rétro-futuriste. On ne saurait dire si ces personnages sont les bons ou les méchants. La musique nous éclairera – sans jeu de mot – peut être à ce sujet. Une certitude, tous sont d’excellents musiciens avec une tendresse particulière de confrère pour Guillaume Cibard qui a l’élégance de jouer sur une batterie Hayman, marque anglaise vintage très prisée par les amateurs de belle mécanique mais ne nous égarons pas.

 

Dégustons ce travail unique, un groupe de rock authentique avec des gens qui avancent, qui regardent en avant. Allez donc voir le bien que ça fait de sortir des sentiers battus.”

Albumrock.net

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